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Débat public sur le Grand Paris
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Reprise des expulsions locatives : faisons respecter l'arrêté municipal les interdisant !
Article publié le 21 juil. 2010 | 8 commentaires Ce lundi, une famille de la cité Pasteur a été jetée hors de son logement par les forces de l’ordre avec ses trois enfants. Des dizaines d’habitants de la cité ont été témoins de la scène et ont apporté leur soutien à cette famille connue de tous. L’intervention auprès des services préfectoraux de mon premier adjoint, M. VADILLO, a permis de surseoir à l’expulsion. Le famille a pu regagner son logement et je m’en réjouis.

Depuis la fin de la trêve hivernale, les expulsions locatives ont repris à un rythme soutenu, au Blanc-Mesnil comme ailleurs, laissant dans le désarroi de nombreuses familles et bien souvent de nombreux enfants. C’est encore une fois le principe du tonneau des Danaïdes qui s’impose à nous : une fois expulsées, les familles ne feront que rejoindre le long cortège des demandeurs de logements après avoir écumé les hébergements d’urgence, déjà saturés et chèrement payés par l’argent public. Ce processus est sans fin. Les expulsions sont donc inhumaines, inefficaces et coûteuses quand une sécurité sociale du logement permettrait justement de les éviter.

Nous ne répéterons jamais assez que les expulsions locatives sont une injuste conséquence de la difficulté grandissante des familles à faire face aux charges locatives toujours plus élevées et de la pénurie drastique de logements qui provoque spéculation et hausse des prix.

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Les 2 derniers commentaires
thierry dit :
22 juil. 2010, 12h26

@ LEONARD Nicole

Que l?arrêté soit légal ou illégal est une chose, qu?il soit légitime ou illégitime en est une autre. Je n?aurai pas l?outrecuidance de vous rappeler les fondamentaux philosophiques qui distinguent le légal du légitime. Je crois profondément qu?il est du rôle des élus, notamment de gauche, de devancer la loi lorsqu?elle est injuste, c?est l?Histoire même de la République.

« Il ne peut s'agir, dans le cas que vous soutenez, que d'occupants de mauvaise foi incapables de payer un loyer, est-ce au propriétaire d'en faire les frais ou aux contribuables »
Affirmation péremptoire ! Distinguer la mauvaise foi de la bonne foi de cette manière est une distinction théologique qui nous importe peu. Et il semble que pour vous les gens incapables de payer leur loyer sont nécessairement de mauvaise foi. Un peu raide?pour ne pas dire plus. Je vous rappelle par ailleurs que c?est bien le contribuable qui paie les hébergements d?urgence à prix fort coûteux et qu?il existe des caisses de compensation pour les propriétaires.

Il vous faudrait également expliciter pourquoi empêcher les expulsions locatives entretient les ghettos. Votre casuistique m?échappe.

Enfin permettez moi de vous rappeler que le principe de toute justice est d?être ferme ET tolérante, bien que cela semble vous gêner.

Le fond du problème reste tout de même qu?une famille et ses trois enfants risquait de se retrouver à la rue. Mais cela ne semble pas vous alarmer plus que ça. Heureusement, heureusement, que dans cette ville des élus s?en inquiètent !


rameau dit :
22 juil. 2010, 12h26

@ Nicole Léonard

A la lecture de votre commentaire, on devine de quel côté de la barricade vous vous situez : celui de la défense des intérêts des propriétaires dont certains (pas tous, il est vrai, car la plupart ne possèdent que leur maison) touchent une rente et s'empiffrent comme des cochons sans rien faire... A vrai dire, ces gros bailleurs ne sont rien d'autre qu'une bande de parasites à côté desquels les quelques locataires de "mauvaise foi", comme vous dites, sont de petits joueurs... Car, au fond, quel mérite y a-t-il à être propriétaire, sinon celui, pour le moins contestable, de posséder un capital que l'on fait fructifier sur le dos de personnes obligées de se loger ? Vous devez sans doute être mieux placée que moi pour savoir que la plupart de ces sangsues ne se sont donnés la peine que de naître pour hériter ce capital de la vielle tante ou de papa-maman. Si l'héritage était aboli en France, y aurait-il autant de propriétaires ? Quel mérite, du reste, y a-t-il à avoir hérité ? Celui « d?être bien né », comme sous l?Ancien Régime ?

Votre petite argutie juridique qui bafouille assez maladroitement les poncifs de la droite et des défenseurs acharnés de la propriété privée, - un des rares droits, au passage, qui soient aujourd'hui en France aussi bien protégés par la force publique - est assez lamentable, à l'image en somme de cette petite classe d?idiots utiles aux possédants, à l?esprit aussi étroit que leur petit jardin coincé derrière le pavillon, que vous avez fait le choix de représenter : mesquine, envieuse, bête et docile, toujours prompte à applaudir l'ordre social brandi par les puissants pour justifier le racket permanent auquel ils se livrent sur l?immense majorité de la population. Vous devriez garder vos forces pour vous insurger contre les sommes astronomiques englouties par une poignée de riches en fraudant le fisc et en ponctionnant leur rente sur la richesse produite par les travailleurs. Je veux parler de ces Bettencourt, Pinault, Bolloré et autres Lagardère, cette belle brochette d?« honnêtes gens » assurément talentueux et bourrés de vertus qui ne doivent leur patrimoine, c?est bien connu, qu?à leur seul courage et à leur travail !

Vous devez quand même savoir, puisque vous vous êtes piquée de science juridique, que l'arrêté du maire n'est en rien illégal, le préfet ayant dépassé le délai de deux mois pour former son recours. Or, sur quoi se fonde cet arrêté ? Tout simplement sur le droit ! Ce même droit que vous semblez vénérer est présent dans la norme suprême, la Constitution, ou, plus précisément, dans le préambule de la constitution de 1946 auquel le Conseil constitutionnel a depuis longtemps reconnu une valeur constitutionnelle. Dans sa décision du 19 janvier 1995, le Conseil constitutionnel a d?ailleurs considéré que « la possibilité de disposer d?un logement décent [était] un objectif à valeur constitutionnelle. » Et oui, chère Madame, le logement n'est pas seulement une rente destinée à engraisser ces gros fainéants de propriétaires, mais un droit reconnu par la Constitution.

Vous prétendez enfin, dans un éclair d'intelligence remarquable, que ce type d'arrêté priverait d'autres propriétaires - les malheureux, ils nous font déjà pleurer ? de la possibilité de louer leurs biens à « ces populations défavorisées »... Là, je m?interroge : votre propos est-il un canular, une grossière provocation ou bien simplement d?une perle de bêtise ? M?a-il échappé que la plupart des propriétaires étaient de généreux philanthropes offrant, le c?ur sur la main, leur logement à n'importe quel bougre sans rien lui demander, ni revenus, ni caution, sans même regarder sa couleur de peau ? Je n?ai hélas jamais eu la chance de rencontrer un bailleur aussi aimable et traversé à ce point des préceptes de l?évangile. Peut-être en connaissez-vous un ? Je serais heureux de faire sa connaissance. Sérieusement, sur quelle planète vivez-vous, Madame ?


 
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